Comment et pourquoi j’ai quitté l’écosystème Apple ? Un voyage de près de 2 ans.

L’écosystème Apple. Un jardin à l’intérieur duquel on se sent tellement bien qu’on a généralement aucune envie de voir ailleurs. Mais que se passe-t-il lorsqu’on en a envie ? Je vous raconte mon expérience de ces deux dernières années, où je suis passé d’un environnement 100 % Apple à désormais un seul produit de la marque à la pomme : les AirPods.

La prison dorée.

Vous avez sans doute déjà entendu cette analogie : l’écosystème Apple est une prison dorée. À l’intérieur, tout est superbe, sans exception. Vos proches reçoivent des stickers dans iMessage, peut-être même occasionnellement un Animoji, on vous appelle en Facetime, vous utilisez Find My Friends pour voir où est votre femme, lorsque vous arrivez devant votre Mac, il se déverrouille tout seul parce que vous portez votre Apple Watch, et vous êtes abonnés à Apple Music, vous payez du stockage iCloud, vous venez d’acheter un nouvel iPad et vous n’imaginez ni votre prochain smartphone, ni votre prochain ordinateur comme étant autre chose qu’un produit Apple.

Si vous vous retrouvez dans le paragraphe précédent, vous avez grosso modo l’état d’esprit dans lequel j’étais il y a 2 ans. Il n’était pas question de considérer quitter cet écosystème dans lequel on est si confortable, et en excellente compagnie. Comme beaucoup d’Apple fanboys, Android rimait pour moi avec instabilité et applications pourries, et quand un smartphone sous Android sortait, je n’y portais même pas attention. J’avais essayé de prendre un Nexus 6P que j’ai gardé quelques mois, mais je n’arrivais pas à quitter tout ce qui gravitait autour de l’iPhone : iMessage, Facetime, Tweetbot, l’Apple Watch, etc.

« Pourquoi quitter ça du coup ? », allez-vous me dire ? Il y a encore quelques années, le hardware proposé par les produits Apple n’avait aucun égal. Grosso modo on avait des iPhone en verre et aluminium contre des Android en plastique. Mais depuis 2 ans, ce n’est plus du tout si contrasté. Regardez les gros constructeurs de smartphones Android, leur qualité de fabrication et leur design sont exceptionnels. Du coup, en voyant tout ça je me suis dis : « et si j’allais voir ce qui se fait ailleurs, serai-je vraiment déçu ? Quels avantages ai-je à rester sur l’iPhone ? Est-ce qu’il y a un intérêt à essayer de quitter un environnement dans lequel je suis si bien ? »

J’avais jeté mon dévolu sur le Galaxy Note 7. Toutes les reviews sans exception l’encensaient, le design était exceptionnel, bordures fines (on était alors mi-2016), écran incurvé, charge sans fil : tout y était. La présentation était au milieu de l’été, et je savais que pour réussir ce switch, il fallait que je prépare beaucoup mon entourage, sans quoi c’était peine perdue. En gros, si du jour au lendemain, sans prévenir personne, ils n’arrivent plus à m’envoyer de iMessage ou à m’appeler en Facetime, je ne vais plus avoir de nouvelles de personne et je vais revenir à iOS aussi vite que j’en suis parti.

J’ai donc commencé à préparer tout le monde à ce switch bien en avance, et ça faisait bien chier tout le monde, comme prévu. Expliquer que je ne serai plus sur iMessage, faire installer Telegram à plein de monde qui dit que c’est nul, entendre des « ouais enfin dans 3 semaines tu reviens sur iOS ça sert à rien que j’installe ça tu verras », bref : il faut être préparé et s’attendre à ça.

Mais 18 mois après, ça ne gène plus personne et tous reconnaissent les avantages de Telegram qui sont évidents : édition de messages, réponse à un message spécifique, recherche qui fonctionne, groupes, historique, rapidité, etc. Et ça résume assez bien l’idée derrière mon switch, qui n’était pas tant de « quitter Apple » juste pour dire que c’est possible, mais plutôt de trouver ce qu’il y a de mieux, et utiliser ce qui est le mieux. Être libre de choisir en quelques sortes, alors qu’avant je ne pouvais pas considérer autre chose qu’un iPhone.

Du coup, j’ai reçu mon Note7 quand il est arrivé en France, et j’ai adoré. Mais ce fut court. Très court. Trop court. Après le 2e rappel, plus de Note7 en circulation. J’avais redécouvert Android, et je prenais mes marques. iOS ne m’attirait plus vraiment, j’ai donc commandé un Pixel XL et j’ai adoré ce smartphone. Le design était un niveau en-dessous de ce que le Note7 m’apportait, mais le software et l’expérience full Google, ainsi que l’appareil photo, étaient à un niveau exceptionnellement élevé.

J’étais à l’aise sous Android, les iPhone ne m’attiraient plus, et il ne me restait plus grand chose de mon époque iOS. Une fois qu’on utilise les services de Google (il n’y avait pas encore Google Assistant en France), on se rend compte à quel point on est limité dans la prison dorée d’Apple. On avance alors jusqu’en mars 2017, avec la présentation du Samsung Galaxy S8. Une révolution ? Sans doute pas, mais une superbe évolution pour sûr. J’ai pris un avion et je suis resté 2 jours à Londres pour aller voir la conférence de présentation, mais j’étais déjà conquis d’avance. Le S8 donnait la tendance pour les années qui arrivaient, avec des écrans poussées de plus en plus aux limites de l’atteignable. En plus de ça, vous ajoutez une qualité de fabrication au top, la charge sans fil, l’USB-C, un port micro-SD, la reconnaissance faciale et un capteur d’empreinte, l’écran incruvé, Android Nougat : c’était mon prochain smartphone.

Et contre toute attente, c’est Samsung qui m’a conquis le plus lors de ces 18 derniers mois, avec le Note7, le S8 Plus, et maintenant le Note8. En terme de hardware, ils sont tout en haut du panier depuis fin 2016, et le software depuis Nougat est excellent. Pourtant, j’ai eu et adoré avoir un Pixel XL, qui plaçait la barre extrêmement haute en terme de fluidité et d’absence de bugs. Je n’ai pas de regrets à l’avoir quitté, j’ai une expérience encore meilleure sur mes Samsung Galaxy.

Si j’étais resté sous iOS, je serais au même stade qu’il y a 18 mois sans doute : à me plaindre des notifications, à ne pas avoir Always On Display, à avoir un écran plus petit, ne pas pouvoir installer une App de 400 Mo en 4G, à me battre avec Siri pour qu’il trouve une info, à gueuler sur iOS 11 pour les bugs qu’il a, à demander à Tim Cook quand est-ce qu’arrive iMessage sur iCloud, etc.

Aujourd’hui, rien de tout ça ne m’inquiète, et je reste ouvert quant à l’avenir : si Apple ou une autre marque propose une association software/hardware qui est meilleure pour moi que celle que Samsung me propose en ce moment, je n’aurai aucun mal à switcher. Et c’est ça le but : être libre d’aller où je veux. J’utilise Google Assistant au quotidien, je suis passé sur Spotify, et j’utilise Newton et Telegram : je suis donc libre d’aller sur iOS, Android, macOS et même Windows.

C’est ce que j’ai récemment réalisé : je suis libre d’aller sur Windows. Mais alors, quitter le Mac, c’est possible ? Si c’est pour vivre la même expérience que celle que j’ai connue après avoir quitté l’iPhone, c’est certain que je devrais le faire.

Bye-bye le Mac, coucou l’écran 4K.

Comme l’année dernière au CES, je regardais les nouveaux Dell XPS et je me disais : « ah, si je n’avais pas de Mac je prendrais ça, c’est sûr ! ». Et un mois plus tard, j’étais avec Pete qui a récemment pris un XPS, et ça m’a convaincu à considérer le switch. Contrairement à ce qu’il s’est passé lorsque j’ai quitté iOS, je n’avais là pas du tout à m’occuper des autres, ça serait transparent pour eux. Non, ce qui serait compliqué ça allait être de trouver des alternatives à ce que j’utilise le plus sur un Mac et ce qui est exclusif au Mac. BetterTouchTool et Alfred étaient pour moi les deux points bloquants, et il fallait que je sois convaincu de trouver des équivalents avant de dire adieu au Mac.

Après quelques recherches, j’ai vu qu’il existait Wox qui remplacera Alfred, et que les gestes que j’utilise le plus au trackpad étaient directement implémentés dans Windows 10 (je fais mes copier/coller et mes captures d’écran au trackpad sur macOS, et je voulais continuer à le faire sur Windows, car ça me fait gagner un temps considérable). Je n’avais donc pas d’inquiétude quant à ma capacité à switcher en douceur.

J’ai donc quitté un Mac qui était ce qui se faisait de mieux (écran 15 pouces Retina, Thunderbolt 3 partout, ultra rapide etc.) pour me rendre compte qu’ailleurs ils font encore mieux : j’ai un écran 4K tactile dans un 13 pouces qui est moins encombrant qu’un MacBook 13 pouces, avec du Thunderbolt 3, et même un port micro SD. Après quelques jours je me disais à moi-même : « mais pourquoi ai-je attendu si longtemps ? »

C’était impossible de me rendre compte de ça avant, car comme presque tout le monde dans la prison dorée d’Apple, les autres constructeurs peuvent sortir quelque chose de mieux, de moins cher, de plus intelligent, plus beau ou je ne sais quoi : on s’en fout totalement. On ne s’en occupe même pas. La charge sans fil on trouvait ça inutile jusqu’au jour où on nous a donné un iPhone qu’il suffisait de poser sur une table de nuit et qu’on n’avait jamais à brancher, et la reconnaissance faciale était une blague face à TouchID jusqu’au moment où notre iPhone se déverrouillait seulement en le regardant.

Et pour le moment, Always On Display on s’en fout un peu, tout comme Smart Lock, ou le fait de pouvoir réorganiser son Springboard comme on le veut, quitte à masquer des applications, et on s’en fout aussi de pouvoir installer des applications sur notre Smartphone directement depuis un navigateur web sur un ordinateur. Le jour où ça sera disponible sur iOS par contre, on sera super content. C’est comme ça. Je ne vous parle même pas du PiP lors de la lecture de vidéos ou le fait de pouvoir utiliser 2 applications en écran partagé.

Synergie, écosystème : bullshit marketing ?

J’ai surtout découvert que lorsqu’on s’imagine que les produits Apple fonctionnent super bien entre eux, et bien on n’a pas idée de comment ça fonctionne de l’autre côté. Pendant des années je me suis battu au quotidien pour que mon Mac utilise le partage de connexion de mon iPhone, ça me prenait des minutes entières à activer/désactiver le Wi-Fi des deux côtés, passer en mode avion, relancer le partage de connexion, etc. Alors vous allez peut-être me dire : « mais ça fonctionne bien ça maintenant », oui peut-être, mais c’est comme AirDrop, l’avoir pendant 2 ans sans que ça fonctionne correctement ça ne sert à rien, autant l’avoir que 2 ans plus tard, ça évitera bien des frustrations.

Aujourd’hui, je ne sors même pas mon Note8 de ma poche, il se connecte tout seul à mon XPS, et je peux même le contrôler, utiliser des applications, passer des appels, tout ça depuis mon XPS. Les deux constructeurs n’ont rien à voir, mais permettent quand même de faire des choses qu’Apple ne permet pas même dans leur prison dorée.

Si je retournais sur du full Apple, ce ne serait pas du tout douloureux, mais à quoi bon ? Ce serait une régression en tous points, et une illusion du « it just works ». Toutefois, je nuancerais mon propos car il ne s’applique pas à tout le monde. Out of the box, Apple est imbattable, c’est certain. Le nombre d’opérations que j’ai à faire quand j’ai un nouveau smartphone Android pour qu’il soit à mon goût est exceptionnellement haut, alors que lorsqu’on déballe un iPhone, en 20 min tout est près et ajusté à nos préférences.

Je n’ai pas parlé de la qualité des Apps ou des mises à jour par exemple. Vous savez pourquoi ? Parce que ça n’a plus de sens aujourd’hui. J’ai toujours trouvé des applications équivalentes à ce que j’utilisais et qui était exclusif à iOS, et quant aux mises à jour, c’est une impression qui est erronée, j’ai eu des mises à jour mensuelles sur Android comme j’en ai sur iOS. Ce qui change, c’est la date de disponibilité de la prochaine mise à jour majeure, selon le smartphone que vous avez. Alors oui, beaucoup de « vieux » Android ont un OS qui a 3 ans, alors que sur iOS ce n’est pas le cas, mais le public qui a ce genre de smartphone s’en fout tout autant que ma mère d’avoir iOS 12 en GM au mois de juin plutôt qu’iOS 10.

Pour ma part, j’ai eu la mise à jour Android 8 Oreo la semaine dernière sur mon Note 8, à ma grande surprise. Et je n’ai pas trouvé de bug, j’apprécie les quelques nouvelles fonctionnalités, et je préfère ça plutôt qu’une sortie 6 mois avant, et ensuite 6 mois de mises à jour qui corrigent des bugs ou ajoutent des fonctions, 6 mois d’apps qui ne profitent pas pleinement des possibilités du nouvel OS, bref, 6 mois un peu galère.

Allez voir ailleurs si vous avez envie, c’est pas plus mal

En conclusion, je ne dis absolument pas que si vous avez un Mac, un iPhone et un iPad vous devriez changer tout ça, mais je maintiens qu’aller voir ailleurs si quelque chose vous convient mieux est une bonne chose à envisager. Si vous pensez être coincés en utilisant des applications exclusives à macOS ou iOS, sachez que vous n’êtes pas le seul à chercher une alternative, et la probabilité que cette alternative existe est très élevée.

Si vous avez envie d’un écran de 6 pouces incurvé sur mobile et de regarder YouTube en 1440p, avoir Always On Display et charger en USB-C, c’est possible, mais pas chez Apple. Si vous voulez un écran 4K dans un ordinateur de 13 pouces qui prend moins de place qu’un MacBook Pro, c’est possible, mais pas chez Apple. Et si vous voulez que tout ça fonctionne parfaitement ensemble, c’est possible aussi, mais pas chez Apple.

L’important dans tout ça, c’est de savoir que vous avez la possibilité de prendre ce qui se fait de mieux, sans vous sentir coincé à un endroit ou à un autre. Je souhaite que le prochain MacBook ou iPhone soit exceptionnel, comme je souhaite que le prochain Google Pixel, le prochain Samsung Galaxy Note ou le prochain Dell XPS soit exceptionnel. Et je sais que je pourrais prendre le meilleur sans m’occuper de qui le fabrique.

Je ne fais pas plus long, c’est déjà bien trop long, mais je vous remercie tout de même de m’avoir lu jusqu’ici. Si vous avez des questions, je suis disponible sur Twitter, ou dans les commentaires. À très bientôt sur b0b.fr, et merci encore à vous !

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