Retour sur le MacBook Pro 15″ Touch Bar

Reçu il y a maintenant 3 semaines, et mon setup ayant pas mal évolué, il est temps que je vous donne mes impressions sur ce qui est mon unique Mac en ce moment : le MacBook Pro Retina 15 pouces avec Touch Bar.

Enfin du nouveau sur les MacBook Pro

Depuis la sortie du premier MacBook Pro Retina, ils n’ont physiquement pas vraiment évolué. On retrouvais toujours une pomme blanche qui s’illumine sur un chassis unibody et un clavier qui restait le même, malgré la sortie du MacBook 12 pouces il y a maintenant 20 mois. Quoi qu’il en soit, c’est désormais de l’histoire ancienne, avec le MacBook Pro cuvée 2016, qui empreinte le chemin commencé par son petit frère de 12 pouces.

On obtient donc cette année un MacBook Pro plus fin, moins encombrant (le 13 pouces est moins encombrant qu’un MacBook Air de 13 pouces), avec un clavier doté de touches papillon, et surtout une connectique qui fait débat : du Thunderbolt 3 exclusivement, en plus du port Jack. Cela possède des avantages et des inconvénients, sur lesquels je reviendrai plus tard. Le stockage de ces MacBook Pro a été encore amélioré, avec des vitesses de lecture et écriture qui dépassent tout ce que l’on aurait pu imaginer, et tout ce que l’on a vu jusqu’à présent, allant jusqu’à taquiner les 3Go/s.

Un des reproches qui a été fait lors de l’annonce des MacBook Pro est le fait qu’il ne soit pas possible d’y mettre 32Go de RAM, et bien que je ne sois pas concerné par ces besoins, je comprends la demande, et c’est fort dommage de ne pas permettre à ceux qui le voudraient d’aller jusque là, lorsque l’on peut mettre d’un autre côté par exemple 2 To de stockage.

Les processeurs proposés sont des i5 bicœur sur les 13 pouces, et i7 quadricœur sur les 15 pouces, cadencés entre 2 et 2,9 GHz. Bien que tout cela soit, nécessairement, une évolution par rapport à la génération précédente, les critiques furent assez virulentes suite à l’annonce, notamment sur la RAM et sur les GPUs. En effet, pour avoir un GPU dédié, il est nécessaire de prendre un 15 pouces, pour avoir une Radeon Pro avec 2Go de mémoire dédiée.

Lors de l’annonce, je savais que j’allais dire adieu à mon MacBook 12, mais la question de son remplaçant restait entière. Je possédais un iMac 5K dernier modèle, avec 2 écrans UHD, et le MacBook 12. Au départ, j’imaginais remplacer le MacBook par un Pro 13 pouces, et c’est tout. Mais en discutant un peu et en ayant vu cet article, je me suis mis à réfléchir à nouveau, et me mettre en tête de n’avoir qu’une seule machine pour remplacer tout ça. Après quelques jours de réflexion, j’étais fixé : un MacBook Pro 15 remplacera tout ça.

Je serai bien parti sur un 13 pouces, pour l’encombrement justement, mais je ne voulais pas avoir à régresser en terme d’écrans, notamment sur mon bureau principal. L’idée était donc d’avoir un écran 5K et 2 4K, comme en ce moment. Le seul moyen de faire cela était donc … de prendre un 15 pouces. En effet, sur le 13 pouces, seul un écran 5K ou deux écrans 4K sont supportés, alors que sur le 15 c’est 2 écrans 5K ou 4 écrans 4K (ou bien 1 5K et 2 4K, ce que je vais faire). L’idée est donc d’avoir un seul Mac maintenant, qui pourra tout faire, sans le moindre problème, ainsi que supporter l’ensemble de mes écrans. Fin novembre, l’iMac était vendu, le MacBook arrivait, tout était parfait, enfin presque.

10 heures d’autonomie, pas pour tout le monde

SI vous avez suivi un petit peu l’actualité des MacBook Pro depuis qu’ils sont sortis, vous n’êtes sans doute pas passé à côté du petit scandale qui entoure leur autonomie. Concrètement, sur les premiers modèles, que ce soit le 13 avec ou sans Touch Bar, ou le 15, il y a un très grand nombre de machines défectueuses. Le premier que j’ai reçu tenait difficilement 5 heures, et je fus, comme tout le monde, plutôt déçu.

Un appel avec Apple Care plus tard, et c’était réglé : ils m’envoyaient un modèle de remplacement. Une semaine plus tard, je recevais le nouveau modèle, qui lui n’a aucun souci d’autonomie. Je fus agréablement surpris de la facilité avec laquelle Apple a accepté de m’envoyer une machine de remplacement, j’ai juste dit « mon MacBook Pro ne tient que 4-5 heures », et ils m’ont dit directement « pas de souci, vous voulez un remplacement ou remboursement ? ». Je sentais que ce n’était pas leur première fois avec un souci de ce genre.

Il y a toutefois une chose qu’il faut prendre en compte avec ces nouveaux MacBook Pro, c’est le nouvel écran. Il est beaucoup plus lumineux que celui de ces prédécesseurs, et ainsi, pour obtenir le même rendu qu’avant avec la luminosité à fond, il n’est pas nécessaire de pousser la luminosité au maximum sur les nouveaux modèles. Et je pense que beaucoup –dont sans doute moi au départ– ont omis cette information. Concrètement, les 10 heures ne sont pas atteignables avec la luminosité à fond, mais dès qu’on se rapproche de 60%, c’est déjà beaucoup mieux.

Personnellement, sur mon modèle de remplacement, j’arrive à faire une journée complète sans le recharger, et ça me convient parfaitement. Ceci étant dit, je reste convaincu que beaucoup de modèles sont défectueux, et non pas qu’Apple ait décidé de mentir sur l’autonomie.

Une connectique qui fait débat

4 ports Thunderbolt 3 là où l’on avait avant de l’USB-A, du Thunderbolt 2, un port HDMI et un port pour carte SD. Clairement, pour avoir le même usage qu’avant, il faudra nécessairement quelques adaptateurs. Le plus problématique selon moi c’est le port SD, qui ne peut pas facilement être remplacé. Le reste, c’est un faux problème. En effet, le Thunderbolt 3, qui utilise le même connecteur que l’USB-C, ouvre de nouvelles possibilités.

La première qui me vient à l’esprit est celle que j’utilise en ce moment même : un seul câble pour recharger le Mac et l’utiliser sur un écran externe. En effet, j’ai changé mes écrans UHD pour de nouveaux, qui embarquent de l’USB-C (ce modèle de chez LG), et j’attends en plus les 5K UltraFine avec impatience. Concrètement, j’arrive chez moi et je branche un seul câble au MacBook, et je passe en mode « desktop » avec un écran qui recharge le Mac.

J’ai chez moi pour le moment deux écrans, et je suis en attente de 2 5K pour compléter le tout. Mon bureau principal aura un 5K et 2 UHD, et mon bureau secondaire aura un 5K uniquement. L’idée est vraiment de pouvoir me brancher partout, simplement, et avoir une expérience très agréable au quotidien avec une machine à tout faire.

Sur les écrans, qui ont eux aussi des ports USB, je peux brancher par exemple un clavier, un adaptateur ethernet, un hub, etc. et profiter de tout cela avec uniquement un seul et unique câble à brancher au Mac. Pour moi, c’est vraiment un élément déclencheur qui fait que j’accepte de passer d’un setup avec un ordinateur de bureau, à uniquement un MacBook.

Pour le moment il est vrai qu’il y a quelques compromis à faire, mais les accessoires vraiment nécessaires ne sont pas nombreux, j’en ai déjà parlé en détail ici. Concrètement, j’ai un hub USB au travail qui me sert quand j’ai un ISO à mettre sur une clé USB, et pour les voyages, j’emporte un MINIX qui est on ne peut plus complet, et c’est tout. Encore une fois, généralement avoir le bon câble suffit à ne pas avoir besoin d’adaptateurs, mais lorsque ce n’est pas le cas, pas besoin de prendre 10 adaptateurs différents pour faire une photo où il est écrit « le futur », c’est inutile.

L’autre avantage offert par le Thunderbolt 3 est le débit de transfert de 40 Gb/s qu’il offre. Aujourd’hui, ce n’est pas souvent utile, à part lorsque l’on branche un écran 5K. Mais dans un futur non trop éloigné, on peut s’imaginer avoir du stockage externe si rapide qu’il pourra en tirer profit, ou bien chaîner des éléments qui, au total, utiliseront l’ensemble des 40 Gb/s. On ne peut pas nier qu’avoir 4 ports Thunderbolt 3 est à première vue une contrainte, mais une fois que l’on prend tout en compte, cela peut s’avérer être un avantage de taille.

Encore une fois, avoir des ports USB-C ouvre la porte à des tas d’accessoires qui soient n’existaient pas avec les MacBook Pro précédents, soit étaient hors de prix. Il n’y a qu’à jeter un œil aux hubs Thunderbolt 2 pour se rendre compte que le marché n’a jamais décollé. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucun caractère obligatoire à passer sur les nouveaux MacBook Pro, et si la connectique ne vous convient pas pour le moment car elle représente trop de contraintes, peut-être est-il judicieux d’attendre la prochaine génération (qui aura sans doute la même connectique cela dit), pour faire la transition vers l’USB-C/Thunderbolt 3.

La Touch Bar, ou le plat de résistance

Je n’ai pour le moment pas parlé de ce qui est selon moi la pièce principale de ce MacBook Pro : la Touch Bar. Je ferai prochainement un article dédié à mon utilisation de cette dernière, grâce à BetterTouchTool. Selon moi, il faut voir la Touch Bar comme une innovation qui révèlera son potentiel lorsque tous les développeurs en tireront parti, un peu comme l’arrivée de TouchID sur l’iPhone 5S.

Aujourd’hui, en sortant le MacBook Pro de la boîte, on peut trouver la Touch Bar vraiment gadget. Il y aura par défaut 2-3 applications qui en tireront partie, et vous changerez la luminosité de l’écran avec un curseur sur le petit écran OLED de la Touch Bar. Rien de révolutionnaire en somme.

Mais avec des applications comme BetterTouchTool, qui permettent de totalement customiser la Touch Bar, c’est pour moi un élément désormais indispensable, et qui me manque lorsque j’utilise le MacBook fermé, branché à un écran externe. J’imagine qu’Apple sortira en 2017 un clavier externe avec une Touch Bar, ce serait dans la logique des choses.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, j’ai des tas d’usages différents de la Touch Bar, qui fait bien plus que remplacer des raccourcis clavier pour moi, mais cela a demandé quelques heures de paramétrage, chose qui ne peut pas être exigée de tout un chacun. Mais c’est toujours comme ça lorsqu’on prend un produit de première génération chez Apple. Que ce soit TouchID, 3D Touch, ou maintenant la Touch Bar, pendant les premiers mois cela ne servait pas forcément beaucoup, il faut commencer à s’y habituer, revoir ses automatismes, etc.

Personnellement, de la même manière que j’ai pris l’habitude d’utiliser Force Touch sur le Trackpad depuis mi 2015, je prends désormais l’habitude d’utiliser la Touch Bar. Gardez à l’esprit que cela demande un peu d’adaptation, et selon votre profil c’est quelque chose que vous accepterez de faire, quitte à perdre un peu de temps quelques semaines, ou non. C’est totalement subjectif bien entendu, mais aujourd’hui je ne me vois pas faire sans.

Au bout de la Touch Bar se trouve le capteur Touch ID, qui est aussi rapide que sur l’iPhone 7. Aujourd’hui, quelques applications comme 1Password en tirent profit, sinon cela sert à déverrouiller votre Mac, payer avec Apple Pay dans Safari, ou encore éviter de taper votre mot de passe pour télécharger une application. Bien que je sois content d’avoir TouchID sur un Mac, c’est selon moi une bien moindre révolution que ne l’est la Touch Bar.

Un mac parfait pour moi

En conclusion, je ne regrette pas du tout d’avoir troqué mon setup d’avant pour passer complètement sur le MacBook Pro 15 pouces. C’est une machine qui aujourd’hui n’est pas si encombrante que ça, est très puissante et ne me contraint pas du tout. Je suis conscient toutefois que pour certaines personnes, l’abandon des ports habituels est quelque chose qui n’est pas envisageable, et que pour cette raison là, ils ne seront pas clients du MacBook Pro cette année.

Pour les autres, on se retrouve avec selon moi, le meilleur Mac portable possible. Parfois il faut se rendre compte de tout ce que l’innovation que nous propose Apple nous permet d’accomplir, avant de simplement voir la régression que cela implique. Le futur est parsemé d’USB-C, j’en suis convaincu, et autant l’accepter dès aujourd’hui et tout ira pour le mieux. Je vous remercie comme d’habitude de m’avoir lu, et vous donne rendez-vous sur Twitter ou dans les commentaires pour continuer la discussion. Merci encore de partager cet article s’il vous a plu, et à très vite sur b0b.fr !