Vivre avec le MacBook 12″ Retina

Parfois critiqué, souvent adoré, le MacBook sorti il y a maintenant plus de 3 mois ne laisse personne indifférent. Voici mon retour d’expérience après quelque temps avec.

Le MacBook, un ordinateur pas comme les autres

Il y a bien longtemps que les ordinateurs (d’Apple ou des autres) sont en tous points différents du MacBook. Ils sont puissants, dotés de plusieurs ports, et avec un ventilateur. Sur le papier, ce qui se rapproche le plus du MacBook est une tablette, tout au plus.

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Cet OVNI de la high-tech vaut-il les 1449€ qui sont demandés par Apple ? Certainement pas. Tout d’abord, il a un processeur Intel Core M cadencé à 1,1 GHz (configurable jusqu’à 1,3 GHz) qui ne permet pas de faire de folies. En plus de cela, sans ventilateur, il est possible de ne plus pouvoir se servir du MacBook s’il chauffe trop.

La vraie question à se poser est : qu’est-ce que je ne peux pas faire avec ce MacBook ? J’ai longtemps été utilisateur de MacBook Pro Retina, mais le processeur n’était que rarement sollicité. On a tous tendance à vouloir les meilleures configurations pour être “future-proof”, et il est clair que le MacBook ne l’est pas.

Un MacBook satellite

Si vous cherchez un portable qui sera votre ordinateur principal, passez votre chemin. Il n’est pas “impossible” de ne vivre qu’avec le MacBook, mais il faut vraiment être motivé. La première raison est son unique port. Si vous étiez habitués à connecter un disque dur USB, à brancher son Mac au secteur, et en même temps synchroniser son iPhone, il faudra repasser.

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C’est possible bien entendu, mais au prix de nombreux sacrifices que l’on ne souhaite pas faire avec une telle machine : la portabilité. L’encombrement de ce MacBook est vraiment ri-di-cule. Que ce soit en terme de dimensions ou de poids, il se fera oublier où que vous le mettiez.

Et c’est précisément pour cette raison-là que vivre avec uniquement le MacBook n’est pas idéal. Là où avec un MacBook Pro Retina on peut se promener avec un chargeur, une carte SD et une clé USB, il va falloir le chargeur, un hub USB, un lecteur de cartes, un adaptateur multiports et un câble USB-C pour le même résultat avec le MacBook. Soyons sérieux.

MacBook hub USB

Vous l’aurez sans doute compris, il faut savoir faire des concessions avec ce MacBook, rien que lorsque l’on parle de connectiques. L’unique port a beaucoup fait parler de lui, en bien comme en mal. J’ai traité le mal ci-dessus, parlons rapidement du bien.

L’USB-C : la petite révolution

L’USB-C est parti pour s’implanter partout, et c’est tant mieux. Outre le fait que la prise soit désormais réversible, ce connecteur va permettre de révolutionner certains de nos usages. Le premier qui me vient en tête lorsque j’évoque l’USB type-C est la possibilité de faire transiter en même temps de l’information et du courant.

Dans peu de temps, on aura des moniteurs USB-C, et en connectant le MacBook à un moniteur, on aura en un seul câble un moyen d’afficher une image et en même temps charger le MacBook. Je trouve ça vraiment génial. Avec un seul port et un seul câble, on sera capable de remplacer 2, 3 voire 4 ports d’aujourd’hui. Toutefois, ces usages promis par l’USB-C ne sont pas encore possibles, faute de moniteurs compatibles.

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Retour vers le futur donc, où nous arrivons en 2015, sans périphériques USB-C compatibles ou presque, et dans un monde rempli d’USB-A. La vie avec le MacBook implique donc une chose à laquelle on n’était pas habitué : les adaptateurs. Que ce soit pour connecter rapidement votre iPhone, ou faire un transfert de photos depuis votre carte SD, sans adaptateurs on est presque coincé.

L’unique port qui pose problème

Les docks permettant de décupler le nombre de ports de votre MacBook sont désormais légion grâce à l’arrivée du Thunderbolt, mais ce n’est pas vraiment “portable”. Le MacBook se destinant plutôt à un usage nomade, il est rarement envisageable de se balader avec une ribambelle d’adaptateurs ou même un dock. Et si vous allez en Apple Store, on vous dira que le port unique n’est pas un problème dans le monde “sans fil” d’aujourd’hui.

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En théorie c’est super, mais en pratique non merci. Pendant quelque temps, j’ai essayé de ne rien connecter d’autre que le chargeur au MacBook, et je peux vous assurer que vous préférerez avoir 3 adaptateurs et 6 câbles de branchés pour une opération de 2 minutes plutôt que de faire du tout sans fil pendant 2 heures.

Je vous ferai prochainement un retour sur mon expérience avec le LaCie Fuel (disque dur Wi-Fi), mais ce n’est vraiment, vraiment pas abouti. Lorsque l’on est en déplacement avec le MacBook, j’essaye de prendre le strict nécessaire pour subvenir à mes besoins. Du coup, j’emporte un adaptateur USB-C -> USB-A microscopique, et il me suffit à connecter un disque dur externe, un lecteur de cartes, etc. si besoin est.

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En déplacement, je n’ai pas besoin de l’adaptateur multiports Apple (hors de prix, gros et moche), mais je l’utilise en semaine au bureau. En effet, le truc cool avec un adaptateur comme ça, c’est qu’en y laissant branché un Hub USB sur lequel se trouvent un Hotspot, un disque dur externe, mon iPhone et un DAC, ainsi qu’un câble USB-C pour recharger le MacBook, je peux connecter tout d’un coup en ne branchant que le bout de l’adaptateur au MacBook. Ce n’est pas une révolution, mais c’est super agréable.

Des performances acceptables

Ceux qui me connaissent un peu savent que ma tolérance aux lenteurs est proche du 0 absolu lorsque l’on parle d’un ordinateur que j’utilise. Par conséquent, je me marrais d’avance en allant en Apple Store tester le MacBook. Mais ce petit bout de métal m’a bien fait fermer mon clapet.

Si vous avez lu/vu quelques retours d’expérience concernant le MacBook, ils peuvent dire tout et son contraire. La vérité est qu’il faut tester avant de savoir s’il convient à votre usage. Sur les 5 dernières semaines passées avec le MacBook, le CPU a dû être sollicité en moyenne à 20%, soit plus ou moins autant que mon Mac Pro.

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Certes je ne fais pas la même chose dessus, mais ce n’est pas le but. Je peux sans aucun souci avoir une dizaine d’applications ouvertes, Safari avec une dizaine d’onglets épinglés et d’autres ouverts, et naviguer dans tout ça avec la fluidité qu’on est en droit d’attendre d’un matériel sorti en 2015. Encore une fois, lorsque j’ai pris un MacBook pour le tester, je ne m’attendais pas du tout à ça.

Vous voulez d’autres exemples de ce qui m’a agréablement surpris ? La lecture de vidéo sur YouTube en mode “automatique” se fait en 2160p. Oui, oui, sur ce petit MacBook doté d’un écran 2304 x 1440, la lecture de vidéos se fait en UHD. Et bien entendu, sans le moindre ralentissement.

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Je pense que le principal souci qu’ont eu certains utilisateurs mécontents de ce MacBook vient de Chrome. Le navigateur de Google dégrade énormément les performances, tue le processeur, et fait chauffer le Mac de manière incroyable. Si vous ne jurez que par Chrome, passez votre chemin, vous serez obligatoirement déçus.

Pour tout ce que l’on fait au quotidien sur un ordinateur portable, le MacBook est très capable. Il est poussé dans ses retranchements lorsqu’il faut exporter des photos ou des vidéos, ce qui m’arrive parfois. J’ai été pour la première fois “embêté” avec ses lenteurs récemment, lors de l’export de photos en RAW de l’application Photos vers mon bureau. À part ça, rien à signaler.

Le Mac parfait pour moi ?

Je pense pouvoir dire décemment que ce MacBook est le Mac parfait pour moi. J’en ai pris un “pour tester” et pour pouvoir me moquer de ceux qui en avaient acheté un début juin, mais résultat, je ne l’ai presque pas lâché depuis. Après avoir eu un modèle 1,2 GHz pendant 14 jours, je l’ai rendu à Apple. Suite à quoi j’ai eu un MacBook Pro Retina 13″.

J’ai eu l’impression de repartir dans le passé, vraiment. Le premier choc est au niveau du design. Sans même allumer la bête, on retrouve un ordinateur plus épais, beaucoup plus lourd, avec un clavier du siècle dernier … très peu pour moi.

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Au niveau des performances, on est bien sûr à un niveau supérieur, mais pour mon usage, la puissance d’un MacBook Pro Retina eut été futile. Je n’ai constaté aucune différence lors de mes deux semaines avec le MacBook Pro Retina par rapport aux deux précédentes avec le MacBook.

Le clavier du MacBook est très spécial. Certains aiment, d’autres détestent. Je m’y suis personnellement habitué, et je l’adore. La course est très réduite, mais ce n’est absolument pas un problème pour écrire. Les touches sont plus larges que sur un autre MacBook, et le design général du clavier fait bien plus moderne, soigné et travaillé.

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Je pense que ce MacBook est en avance sur son temps, mais que si l’on choisit de s’accommoder de l’unique port, il est tout simplement parfait. La version 2 apportera sans doute le Thunderbolt 3 qui permettra de nouveaux usages, et son lot de nouveautés. Mais en terme de design, d’encombrement, de légèreté et de prouesse technique, le MacBook arrive devant toute la gamme actuelle de Mac portable.

Autonomie, batterie et recharge

Le point négatif que je lui trouve encore aujourd’hui concerne l’autonomie, qui n’atteint jamais les 9 heures affirmées par Apple. On peut partir de chez soi avec un MacBook Pro Retina à 100% et rentrer 7 heures plus tard sans avoir eu besoin d’une prise de courant, mais avec le MacBook c’est impossible.

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Fort heureusement, recharger un MacBook se fait bien plus facilement que tous les autres ordinateurs. Il suffit d’un chargeur USB, et d’un câble qui va bien. Si vous partez une après-midi chez un pote, vous n’avez qu’à emmener un câble USB-A->USB-C, et utiliser un chargeur USB qui traîne. Je trouve ça vraiment top. Il en va de même pour les batteries externes : lorsque le MacBook est dans le sac à dos, on peut le brancher à une batterie externe, et le laisser se recharger tranquillement.

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Concernant les batteries, il semble que la nouvelle méthode d’assemblage de celles-ci utilisée par Apple ne soit pas encore au point. En effet, en parcourant les forums de MacRumors, je me suis rendu compte que je n’étais pas seul à voir la capacité de la batterie du MacBook descendre rapidement. Là où un MacBook Pro Retina avec 100 cycles a toujours une batterie a 100 % de sa capacité, mon MacBook n’en a plus que 93 % après 35 cycles seulement.

Ça ne me pose pas vraiment de problème étant donné qu’Apple échangera les batteries si la capacité tombe sous 80 %, mais il est important de le savoir : la batterie se dégrade très très vite.

Conclusion

Pour terminer ce très long article, je tiens à dire que je suis très satisfait de ce MacBook, qui est bien plus capable qu’il veut le faire croire. Certes, il faut se parer de câbles USB-C, mais comme ce standard est parti pour durer, ce n’est pas un problème d’investir aujourd’hui.

MacBook hubs

Est-ce que je le conseille pour autant ? Non, n’achetez pas le MacBook. Il est trop cher, et ne survivra pas longtemps. Je pense qu’Apple a sorti ce MacBook pour montrer la vision qu’ils avaient de l’avenir des portables, et c’est une vision que j’aime. Il y a fort à parier que la version 2 de ce MacBook sera très populaire, et bien moins chère, de manière à ravir tout le monde. Là, avec un prix public à 1449 €, il y a presque 400 € de trop selon moi.

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Toutefois, malgré le fait d’essayer de se raisonner, on finit par craquer pour ce MacBook, et pour ma part, sans le moindre regret.

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